Cédric Delelée

DOUBLE INDEMNITY : FILM NOIR AT PARAMOUNT (Miklos Rozsa, Franz Waxman, Hugo Friedhofer, Victor Young…) Intrada

In REVIEWS on mars 18, 2016 at 9:36

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Belle idée que celle d’éditer des scores de films noirs produits par la Paramount dans les années 40/50, surtout avec un sommet du genre composé par Miklos Rozsa en tête de liste : DOUBLE INDEMNITY (ASSURANCE SUR LA MORT, 1944), le chef-d’oeuvre de Billy Wilder, n’était jusqu’ici disponible que sous forme d’extraits et d’un réenregistrement de qualité discutable dirigé par James Sedares en 1997. Une raison de plus d’apprécier l’exhumation du score original, même si la prise de son accuse le poids des ans, que certains passages ont été repiqués dans le film (les effets sonores ont été assourdis le plus possible) et qu’il manque une partie du morceau de la scène du meurtre qui se trouve au cœur du récit. La musique joue sur les clairs-obscurs avec une incroyable densité dramatique, entre un thème hanté par la violence, un autre associé à la manipulation qui évoque fortement Bernard Herrmann et un dernier dont le romantisme tragique est digne du MADAME BOVARY composé par Rozsa cinq ans plus tard. Presque 40 minutes de bonheur donc, complétées plus loin par une version réenregistrée en stéréo du Prelude. Le reste des sélections souffre malheureusement de la comparaison avec ce diamant noir, entre le funèbre mais peu mélodique ACE IN THE HOLE (LE GOUFFRE AUX CHIMERES, Billy Wilder, 1951) de Hugo Friedhofer, le combo jazzy/swing/mambo de THE SCARLET HOUR (Michael Curtiz, 1956) de Leith Stevens, le romanesque noir de I WALK ALONE (L’HOMME AUX ABOIS, Byron Haskin, 1948) de Victor Young en mode suranné à la Max Steiner et les toccatas aux rythmiques fortement marquées de Gail Kubik pour THE DESPERATE HOURS (LA MAISON DES OTAGES, William Wyler, 1955). Tout cela sonne affreusement daté voire trop fonctionnel et seuls deux autres partitions retiennent l’attention : UNION STATION (MIDI, GARE CENTRALE, Rudolph Maté, 1950) de Heinz Roemheld, avec ses cuivres robustes à la Bronislau Kaper et l’urgence de ses jeux de cordes dignes de ceux de James Bernard sur les films de la Hammer et SORRY, WRONG NUMBER (RACCROCHEZ, C’EST UNE ERREUR, Anatole Litvak, 1948), où Franz Waxman fait monter le suspense avec un art de la passacaglia faisant du score une danse solennelle et macabre, même si on préférera à cette version d’origine la suite enregistrée par Richard Mills avec le Queensland Symphony Orchestra sur l’anthologie Legends of Hollywood parue chez Varese en 1990. A signaler un booklet superbe, bardé de reproductions d’affiches de l’époque.
(Merci à Regina Fake)
http://www.musicbox-records.com/en/cd-soundtracks/2659-double-indemnity-film-noir-at-paramount.html

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