Cédric Delelée

VIKINGS (Trevor Morris/Sony Classical)

In REVIEWS on juillet 22, 2013 at 5:01

vikingscover
The Tudors, The Pillars of the Earth, The Borgias : en termes de séries télé historiques, le canadien Trevor Morris se trimballe un sacré CV. Autant dire qu’au vu du projet et sachant que Michael Hirst, créateur des Tudors, était derrière, sa musique pour Vikings était attendue avec une certaine fébrilité, malgré le peu mémorable écart cinématographique vers l’Antiquité que fut Immortals. On n’en est malheureusement pas bien loin. Bardé de nappes synthétiques et de rythmes tribaux formant un sound design certes très organique mais aussi très pauvre en matière dramatique, le score de Vikings est une occasion d’autant plus ratée qu’y surgit parfois un authentique souffle d’aventure, Morris ayant le goût de la mélodie et un son assez unique dans le sens où il réussit à ressusciter le passé à l’aide d’instruments modernes sans que cela sonne faux et avec une telle densité émotionnelle qu’elle saisit à la gorge en l’espace de quelques secondes. Ces instants sont ici d’autant plus précieux qu’ils sont rares : Ragnar’s Sail, Vikings Set Sail, Vikings Sail Home et Journey to Kattegat ne totalisent qu’un peu plus de cinq minutes, mais elles sont fabuleuses, déployant une telle sensibilité symphonique qu’elle n’est en rien freinée par l’utilisation des synthés. On aurait donc aimé que les deux thèmes qui y sont introduits soient développés ailleurs, notamment au sein des multiples passages d’action, tous propulsés par des percussions (souvent acoustiques) à la précision implacable. Le procédé, un peu trop systématique bien qu’adroitement secondé par des saturations électro dignes de Nine Inch Nails (North Sea Storm) et par un motif de toute évidence inspiré par le thème du Joker dans The Dark Knight (Vikings in Exham), procure parfois des moments d’intense excitation (l’ostinato/crescendo de Ragnar Fights the Earl, la rythmique étudiée de Ragnar Recruits) mais ne débouche jamais sur grand chose, comme si la partition était en permanence stoppée dans son élan. Il en résulte un manque d’émotion certain, que quelques moments de joliesse contemplative (Of Fathers and Sons, The Angel of Death, Entry to Kattegat, Sending the Earl to Valhalla) ne parviennent guère à combler, noyés qu’ils sont au milieu de trop nombreuses plages atmosphériques ayant pour seul mérite de parfois rappeler celles de Tangerine Dream dans The Keep. L’album, qui propose en ouverture l’envoûtante chanson de Fever Ray dont est tiré le générique, oscille donc entre brèves fulgurances et redondances fastidieuses : on espère que la saison 2 de cette excellente série viendra corriger le tir et que Trevor Morris fera preuve de plus d’ardeur mélodique sur Dracula pour NBC, Jonathan Rhys Meyers lui ayant porté chance avec The Tudors.
(Merci à Aisse Coulibaly)
CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

  1. Dans dix ans la série fera très datée à cause de tous ces synthés !

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