Cédric Delelée

L’essentiel de Jean-Claude Petit (Universal)

In REVIEWS on mai 12, 2013 at 7:48

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Il était grand temps qu’une compilation rende de nouveau hommage à Jean-Claude Petit, qui se fait rare mais qui n’en reste pas moins l’un de nos meilleurs compositeurs. L’album commence bien entendu avec Jean de Florette, très bel arrangement « provençal » de La Force du destin de Verdi, avant de déployer le flamboyant lyrisme de Cyrano de Bergerac. Le reste propose des choses moins connues mais souvent remarquables. L’espièglerie raffinée de Beaumarchais l’insolent fait des merveilles, suivi par un Mayrig où un envoûtant doudouk se fraie un chemin au milieu d’envolées romanesques adaptant un air traditionnel juif. Nettement plus récent puisque le film vient tout juste de sortir, Hôtel Normandy donne dans une légèreté solaire qui rappelle les scores romantiques de James Newton Howard dans les années 90. Il est vrai que Petit sait parfaitement s’adapter à la comédie, comme le prouvent également Le Zèbre (chanté par Alain Souchon), Désiré, Sexes très opposés, Messieurs les enfants et Le Prof : tout en restant légère, la musique fait toujours preuve d’une grande élégance et ce sans être trop académique grâce à la richesse de ses lignes mélodiques. Reste que c’est dans le symphonique à grande échelle que le compositeur impressionne le plus, témoins le splendide thème du Château des oliviers (qui n’a pas à rougir de la comparaison avec The Thorn Birds de Mancini), l’automnal Hussard sur le toit, le frémissant Danse avec lui, les accords dramatiques des Misérables, le magnifique Lumumba (quoique très influencé par Amistad de John Williams), les délicieux accords swashbuckler du fringant Retour des mousquetaires, l’envoûtant Tristesse et beauté et son saxophone tout droit sorti du fameux concerto de Michael Kamen, le romantisme celtique de The Playboys, la volupté pastorale impressionniste de Lady Chatterley ou les envolées mélancoliques du Passager de l’été. Bien sûr, un double album n’aurait pas été de refus (on regrette l’absence de L’Île, Deux, Seaforth, Chasseurs d’écume ou Les Vivants et les morts), mais ce qu’on nous offre ici est déjà remarquable et ce que promet la pochette, soit l’ « essentiel », est bel et bien là. Cela dit, on souhaite ardemment que Stéphane Lerouge et sa collection Ecoutez le cinéma rallongent la sauce dans un futur proche.
(Merci à Eléonore Chey)

CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

  1. Tout est dit, et OUI pour un deuxième album, aussi plein et passionnant.
    Et MERCI et longue vie à MELOMAD…

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