Cédric Delelée

2012 IN REVIEW : INTRADA RECORDS

In REVIEWS on janvier 4, 2013 at 7:02

Comme prévu, voici donc une séance de rattrapage des CD sortis courant 2012 et n’ayant pu être traités dans Mad Movies. Autant dire qu’il a fallu opérer une sélection drastique et se limiter à un choix d’albums envoyés par les labels, ceux-ci étant particulièrement généreux en la matière à l’exception de quelques éditeurs ne jugeant pas utile de communiquer. Le principe de ce blog étant celui d’un journal de bord hebdomadaire, je serai moins intransigeant à partir de la semaine prochaine, mais pour ce retour en arrière sur l’année qui vient de s’écouler, on se limitera à ceux qui le méritent, d’où l’idée de lister la chose par labels. On commence aujourd’hui avec Intrada, même s’il paraît difficile de rivaliser avec les textes de présentation et les liner notes de leurs albums.

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THE POSTMAN ALWAYS RINGS TWICE (Michael Small)
Celui-là est en tête de liste pour une simple et bonne raison : à partir du 14 janvier, il sera retiré du catalogue du label, où il ne sera donc resté disponible que huit mois, après avoir été inédit pendant plus de trente ans ! Ce qui dépasse l’entendement, étant donné qu’il s’agit d’un score sensationnel dont le romantisme noir qui aurait très bien pu illustrer un film de Brian De Palma tant la musique évoque parfois le meilleur de Pino Donaggio et le John Williams des 70’s. Bref, si vous connaissez mal Michael Small, commencez par là et continuez avec Marathon Man, Comes a Horseman, The Star Chamber et Mountains of the Moon. http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7515/.f

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THE LAST HARD MEN (Leonard Rosenman et Jerry Goldsmith, 1976)
Pour une trouvaille, c’en est une, et de taille : réalisé par Andrew V. McLaglen, The Last Hard Men (La Loi de la haine) était un sacré western porté par le duo Charlton Heston/James Coburn et une musique formidable de Jerry Goldsmith. Et pour cause, puisqu’elle était entièrement composée d’extraits de 100 Rifles, Rio Conchos, Stagecoach et Morituri, recyclés par la Fox suite à l’éjection du score jugé « trop agressif » de Leonard Rosenman, alors que le film l’est tout autant. En plus d’exhumer ce dernier, bourré des fameuses pyramides de cuivres chères au compositeur (on a un peu l’impression d’entendre une relecture western de Battle for the Planet of the Apes), Intrada a retrouvé les versions réenregistrées par Lionel Newman des morceaux de Goldsmith, qui n’ont finalement servi à rien puisque, faute de temps, elles furent remplacées dans le film par les originales. Et c’est tant mieux, parce qu’elles étaient loin d’être à la hauteur ! http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7850/.f

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THE MOUNTAIN MEN (Michel Legrand, 1980)
Egalement interprété par Chuck Heston et réalisé par le téléaste Richard Lang, The Mountain Men (La Fureur sauvage) est un western lui aussi assez méconnu mais tout aussi recommandable sur lequel on peut être étonné de retrouver Michel Legrand, pas vraiment abonné aux grands espaces si ce n’est dans Ice Station Zebra. Surprise : non seulement il s’en sort comme un chef, mais en plus il en profite pour signer l’une de ses partitions les plus intenses, saisissant sur un rythme infernal la violence et la beauté des images avec une puissance d’évocation qu’on ne lui connaissait pas et qui fait regretter qu’il n’ait pas illustré plus de films d’aventure. C’est bien simple, on dirait du John Scott ! http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7689/.f

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COOGAN’S BLUFF (Lalo Schifrin, 1968)
Trois ans avant Dirty Harry, il y avait Coogan’s Bluff (Un Shérif à New-York), qui rassemblait pour la première fois Clint Eastwood et Lalo Schifrin. Resté inédit pendant plus de quarante ans si ce n’est sous la forme d’extraits pas forcément officiels, le score est une véritable tuerie, ne serait-ce que dans son concept puisque Schifrin y dresse des ponts stylistiques entre les deux plus grandes créations de l’Amérique (le western et le jazz) pour établir un parallèle idéal avec le sujet du film (l’irruption des valeurs du Far-West dans le monde citadin moderne). Le mélange fonctionne du tonnerre, d’autant qu’il est secondé par de redoutables passages d’action qui annoncent ceux de Dirty Harry et par des morceaux de source music que n’auraient pas désavoué Henry Mancini ou John Barry. http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7918/.f

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HOOSIERS (Jerry Goldsmith, 1986)
Pour peu qu’on soit allergique à l’utilisation que faisait Goldsmith des synthés dans les années 80, Hoosiers (Le Grand défi, également connu sous le titre Best Shot) peut provoquer une réaction carrément allergique, même s’il y fait tout de même appel à l’orchestre. En revanche, si on apprécie la chose, le score est une pure merveille, que ce soit en termes mélodiques ou rythmiques. On a rarement entendu expression plus exaltante de l’exploit sportif, à tel point qu’elle est nettement plus riche en adrénaline que celle exposée par Goldsmith sept ans plus tard dans l’excitant mais trop sucré Rudy. Les inédits de cette version intégrale du score, tous magnifiques, renforcent beaucoup sa dimension Americana, qu’ils soient mélancoliques ou héroïques. http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7919/.f

  1. Coogan’s Bluff est une véritable redécouverte. Et Goldsmith, j’achète les yeux fermés.

  2. Difficile de comparer « Hoosiers » avec « Rudy » cependant. L’un parle vraiment d’un exploit sportif, avec suspens et tout le toutim, d’où une musique exaltante (j’aime beaucoup aussi !) l’autre raconte une histoire nettement moins glamour, avec cette histoire d’un seul gars où il est plutôt question de courage… et de sport, il n’y en a que… 30 secondes à la fin. D’où le thème mélancolique et majestueux.

  3. Il est juste dommage que les oreilles contemporaines ne sachent identifier des cuivres qui jouent de façon plutôt médiocre. C’était le problème sur Conan et c’est le problème ici avec les morceaux americana de hoosiers. Sinon, à part ça, c’est cependant un très bon score.

  4. Pour Hoosiers, le score fut enregistré en Hongrie avec le Hungarian State Opera Ochestra (!!!) ceci expliquant surement la « mauvaise » qualité des cuivres. Une période difficile pour Goldsmith qui enregistra plusieurs scores là-bas avec plus (Extreme Prejudice, Rambo 3) ou moins (Rent a Cop) de bonheur.
    Et effectivement, Hoosiers est un très bon score (une nomination à l’oscar tout de même !)😉

  5. En même temps, la musique d’Hoosiers a été enregistrée en Hongrie avec le Hungarian State Opera Orchestra ce qui explique sûrement la « qualité » toute relative des cuivres. Il faut dire aussi que cette période fut difficile pour Goldsmith : partir en Europe pour y enregistrer des scores avec plus (Extreme Prejudice, Rambo 3) ou moins (Rent a Cop) de bonheur.
    Et effectivement, Hoosiers est un très bon score ! Une nomination à l’Oscar tout de même (même si ça ne veut plus dire grand chose….)😉

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