Cédric Delelée

LE SAMOURAÏ (François de Roubaix) Rambling Records

In REVIEWS on avril 26, 2016 at 4:54

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Editée en 2005 dans la collection Ecoutez le cinéma chez Universal France, la musique composée par François de Roubaix pour LE SAMOURAÏ de Jean-Pierre Melville refait son apparition sur le label japonais Rambling Records dans une édition toujours supervisée par Stéphane Lerouge et qui ajoute neuf morceaux inédits à la précédente, constituant ainsi l’intégrale de ce qui a été écrit pour le film. Les couleurs nocturnes de cette envoûtante partition jazzy semblent ainsi encore plus grises et mélancoliques dans cet album qui respire le goût du whisky et l’odeur de la cigarette, enfumé par des pistes supplémentaires qui valent amplement de repasser à la caisse, que ce soit pour ses vignettes jazz (Pour Cathy, 2 Heures du mat, Un Scotch au bar, Nocturne, Après Minuit), les captivantes versions alternatives de La Blessure, Martey’s et Le Destin de Costello ou le sublime Regards croisés, apte à enchanter les oreilles de n’importe quel fan de John Barry par sa grâce mélodique et ses orchestrations limpides. La restauration sonore étant par ailleurs de toute beauté, voilà un disque essentiel qui fait rêver à d’éventuels coffrets qui pourraient s’appeler De Roubaix Anthology ou Le Cinéma d’Alain Delon !

(Merci à Stéphane Lerouge)

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DOUBLE INDEMNITY : FILM NOIR AT PARAMOUNT (Miklos Rozsa, Franz Waxman, Hugo Friedhofer, Victor Young…) Intrada

In REVIEWS on mars 18, 2016 at 9:36

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Belle idée que celle d’éditer des scores de films noirs produits par la Paramount dans les années 40/50, surtout avec un sommet du genre composé par Miklos Rozsa en tête de liste : DOUBLE INDEMNITY (ASSURANCE SUR LA MORT, 1944), le chef-d’oeuvre de Billy Wilder, n’était jusqu’ici disponible que sous forme d’extraits et d’un réenregistrement de qualité discutable dirigé par James Sedares en 1997. Une raison de plus d’apprécier l’exhumation du score original, même si la prise de son accuse le poids des ans, que certains passages ont été repiqués dans le film (les effets sonores ont été assourdis le plus possible) et qu’il manque une partie du morceau de la scène du meurtre qui se trouve au cœur du récit. La musique joue sur les clairs-obscurs avec une incroyable densité dramatique, entre un thème hanté par la violence, un autre associé à la manipulation qui évoque fortement Bernard Herrmann et un dernier dont le romantisme tragique est digne du MADAME BOVARY composé par Rozsa cinq ans plus tard. Presque 40 minutes de bonheur donc, complétées plus loin par une version réenregistrée en stéréo du Prelude. Le reste des sélections souffre malheureusement de la comparaison avec ce diamant noir, entre le funèbre mais peu mélodique ACE IN THE HOLE (LE GOUFFRE AUX CHIMERES, Billy Wilder, 1951) de Hugo Friedhofer, le combo jazzy/swing/mambo de THE SCARLET HOUR (Michael Curtiz, 1956) de Leith Stevens, le romanesque noir de I WALK ALONE (L’HOMME AUX ABOIS, Byron Haskin, 1948) de Victor Young en mode suranné à la Max Steiner et les toccatas aux rythmiques fortement marquées de Gail Kubik pour THE DESPERATE HOURS (LA MAISON DES OTAGES, William Wyler, 1955). Tout cela sonne affreusement daté voire trop fonctionnel et seuls deux autres partitions retiennent l’attention : UNION STATION (MIDI, GARE CENTRALE, Rudolph Maté, 1950) de Heinz Roemheld, avec ses cuivres robustes à la Bronislau Kaper et l’urgence de ses jeux de cordes dignes de ceux de James Bernard sur les films de la Hammer et SORRY, WRONG NUMBER (RACCROCHEZ, C’EST UNE ERREUR, Anatole Litvak, 1948), où Franz Waxman fait monter le suspense avec un art de la passacaglia faisant du score une danse solennelle et macabre, même si on préférera à cette version d’origine la suite enregistrée par Richard Mills avec le Queensland Symphony Orchestra sur l’anthologie Legends of Hollywood parue chez Varese en 1990. A signaler un booklet superbe, bardé de reproductions d’affiches de l’époque.
(Merci à Regina Fake)
http://www.musicbox-records.com/en/cd-soundtracks/2659-double-indemnity-film-noir-at-paramount.html

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THE RESCUERS DOWN UNDER (Bruce Broughton) Intrada

In REVIEWS on mars 18, 2016 at 9:35

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C’est donc 38 minutes inédites que nous propose cette réédition du score d’aventure Disneyien composé par Bruce Broughton pour la suite du film d’animation BERNARD ET BIANCA, produite 13 ans après l’original et distribuée en France sous le titre BERNARD ET BIANCA AU PAYS DES KANGOUROUS. De l’album paru à l’époque, on se souvient surtout d’une formidable ouverture percussive qu’on ne retrouvait malheureusement que dans le générique de fin, le reste de la partition faisant appel à un style aérien richement orchestré aux thèmes ensoleillés bardés de couleurs exotiques et d’EVI, l’aspect mickey mousing de la chose restant fluide grâce à un apport mélodique constant, approche qui n’était pas sans rappeler celle de James Horner. Le seul thème occulté dans cette première édition était celui du méchant McLeach. Plus un motif qu’un thème, d’ailleurs, qu’on découvre ici nettement plus développé, même si ses accords cuivrés volontaires aux couleurs métalliques n’ont rien de renversant. Ils permettent cependant de donner un peu plus de coffre à un score par ailleurs très agréable mais un peu trop sucré qui sautille plus souvent qu’il ne décolle, le reste des pistes supplémentaires offrant quelques embardées bien troussées mais surtout pas mal d’underscore sans grand intérêt et des prises alternatives n’apportant rien de bien intéressant par rapport aux originales. Moralité : si vous êtes fan de l’album de 1990, vous adorerez cette nouvelle version, mais si ce n’était pas le cas, vous ne changerez pas d’avis !

(Merci à Regina Fake) 
http://www.musicbox-records.com/en/cd-soundtracks/3310-the-rescuers-down-under-expanded.html
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