Cédric Delelée

THE FORGOTTEN (Laurence Rosenthal/Intrada)

In REVIEWS on août 1, 2013 at 6:11  

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Sorti le 8 juillet, le CD de The Forgotten sera retiré de la vente chez Intrada dès le 12 août. On ignore ce qui a pu motiver une telle décision, mais on se doute qu’elle est due à un manque d’intérêt de la part du public ciblé. Normal : la cadence des sorties oblige le béophile à effectuer une sélection drastique… et Laurence Rosenthal, aussi compétent soit-il, n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un compositeur bankable en termes éditoriaux, sauf lorsqu’il s’agit de partitions associées à des films plus ou moins cultes (The Island of Dr. Moreau, Meteor, Clash of the Titans) ou de la série The Young Indiana Jones Chronicles. Autant dire que l’édition de The Forgotten (Commando oublié en VF), score d’un obscur téléfilm réalisé en 1989 par James Keach avec son frère Stacy, Keith Carradine et Steve Railsback, avait peu de chance d’attirer l’attention, d’autant qu’il ne totalise que quarante minutes et que peu de gens sont prêts à lâcher 25€ pour une telle durée alors qu’on leur propose par ailleurs des albums deux fois plus long pour le même prix (ce qui est un poil irréfléchi, la quantité n’étant pas forcément synonyme de qualité, particulièrement en musique de film). Passer à côté de cet album serait pourtant une belle erreur. Encore une fois chargé d’illustrer un sujet ayant trait à la guerre du Vietnam, terrain qu’il connaît bien pour y avoir servi et pour avoir mis en musique Who’ll Stop the Rain et les téléfilms To Heal a Nation et My Father, My Son, Rosenthal livre une partition admirable qui s’ouvre sur un thème faisant autant penser à du Wagner qu’à The Sand Pebbles de Jerry Goldsmith et dont l’ampleur ne cessera de s’assombrir tout au long d’un score fait de plages de suspense captivantes (car orchestrées avec goût, harpe et vibraphone), d’écarts asiatiques (Bao Duan’s Story) et de morceaux d’action à l’agressivité explosive (Escape to Bonn, The Hunters) qu’on croirait signés Bruce Broughton ou John Scott (on pense à The Shadow Conspiracy et Red King White Knight), propulsés par un motif aux cuivres presque identique à celui du fameux You Have the Power de Trevor Jones dans Dark City. Mais ces références ne sont là que pour situer la chose en termes de style : Rosenthal en possède un bien à lui, qu’on définira comme romanesque et martial. Il serait donc fort regrettable d’ignorer cet album, qui vient rappeler à quel point ce compositeur sait maîtriser l’art du lyrisme et de la tension, comme l’avaient prouvé en leur temps Peter the Great et The Bourne Identity. Vous êtes cependant avertis : il n’y a pas de temps à perdre si on veut se le procurer !
(Merci à Regina Fake et Roger Feigelson)

http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.8154/.f

CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

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