Cédric Delelée

FANDANGO (Alan Silvestri/Intrada)

In REVIEWS on juillet 8, 2013 at 6:27  

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C’est en 1985 que Kevin Reynolds attire l’attention de Steven Spielberg avec un court-métrage réalisé à l’USC. Impressionné, celui-ci y voit matière à un long-métrage et décide de le produire sous la bannière Amblin. Ainsi naît Fandango, road-movie et chronique sur l’amitié virile où plane l’ombre du Vietnam (l’action se passe en 1971) et dont la vedette est un tout jeune acteur nommé Kevin Costner. Ce sera la première de ses nombreuses collaborations avec Reynolds, puisqu’ils se retrouveront pour Dances with Wolves (pour lequel Reynolds tourne la fameuse scène de la chasse aux bisons), Rapa Nui (que Costner produit), Robin Hood, Prince of Thieves et Waterworld (plus ou moins co-réalisés par Costner) et, récemment, la série Hatfields & McCoys, mise en scène par Reynolds. C’est aussi l’occasion pour le jeune cinéaste de travailler avec Alan Silvestri, tout auréolé du succès de Romancing the Stone, et qui signe pour l’occasion son premier score orchestral. Problème : Fandango est une œuvre très autobiographique et, en toute logique, Reynolds illustre cette évocation de sa folle jeunesse par les chansons ou les extraits de musique classique qu’il écoutait à l’époque, n’utilisant finalement que quinze minutes de la partition de Silvestri sur les trente composées. Jamais éditées officiellement, elles sont aujourd’hui exhumées par Intrada et il est étonnant de constater à quel point le compositeur maîtrisait déjà l’essentiel de son art. S’il convient de passer rapidement sur les plages pop ou purement synthétiques (dont le style navigue entre le générique de Madame est servie et les rythmes électroniques typiques des années 80), la majeure partie du score (symphonique, donc) est jubilatoire. Pas seulement parce qu’il annonce de façon limpide Back to the Future (The Train, Plane Ride) ou Who Framed Roger Rabbit ? (Plane Take Off), voire Beowulf à la fin de Desert Walk, mais aussi parce que son style à la fois élégiaque et dynamique évoque de façon très nette celui de Michael Kamen (Desert Walk encore) et une autre partition pour un film au sujet comparable à celui de Fandango, à savoir Big Wednesday, composé par Basil Poledouris pour John Milius, dont on retrouve ici les envolées martiales et la guitare hispanique. Quand on sait que Kevin Reynolds est l’auteur du scénario d’origine de Red Dawn, on a du mal à croire que cela soit dû au hasard. Le résultat est un album certes court mais formidable. D’ailleurs, en ces temps d’éditions à rallonge, qu’il ne dure que quarante minutes deviendrait presque une qualité : dans le cas présent, less is more.
(Merci à Regina Fake et Roger Feigelson)

http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.8152/.f

CD DISPONBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

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