Cédric Delelée

UNE CHAMBRE EN VILLE (Michel Colombier/Universal)

Dans REVIEWS le mai 12, 2013 à 9:04

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Histoire de compléter le monumental coffret offrant la totalité de la collaboration Michel Legrand/Jacques Demy (et l’exposition consacrée au cinéaste par la Cinémathèque de Paris), Universal réédite dans sa version intégrale en deux CDs la musique d’Une Chambre en ville, composée non pas par Legrand mais par Michel Colombier , auteur d’Un Flic, L’Héritier, L’Alpagueur ou, aux Etats-Unis, Against All Odds et The Golden Child. Si les paroles des chansons prêtent parfois à sourire (bien qu’il s’agisse d’une comédie musicale tragique et cruelle), la partition qui les accompagne est tout simplement magnifique et s’impose comme un long poème symphonique ponctué d’arrangements typiques des années 80 dans ses (rares) moments lumineux, mais qui ne sonnent pas trop datés grâce à la beauté des thèmes. Encore une fois, la fluidité de l’écriture, le charme des mélodies et l’ampleur orchestrale évoquent James Newton Howard, même si le style général reste assez proche, Demy oblige, de celui de Legrand. Il y a donc beaucoup d’émotion (et d’action à grande échelle lors des scènes de grève) dans cette béo vivement recommandée à tous ceux qui en auraient une idée préconçue. Il est bien dommage que les comédies musicales actuelles ne soient pas de ce niveau, qui atteint d’emblée celui d’Alan Menken pour Disney. Du haut de gamme, donc, qui propose en fin de parcours une superbe suite pour piano tirée du score interprétée par Grégoire Caux.
(Merci à Eléonore Chey)

CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

VON RYAN’S EXPRESS/THE DETECTIVE (Jerry Goldsmith/Intrada)

Dans REVIEWS le mai 12, 2013 à 7:50

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Après l’album Shock Treatment/Fate is the Hunter, Intrada continue de puiser dans les inédits du coffret Varese Jerry Goldsmith at 20th Century Fox avec le rugueux et jazzy The Detective, reproduit à l’identique, et le trépidant Von Ryan’s Express, auquel sont ajoutés plusieurs morceaux inédits. Sans être du niveau de Chinatown, The Detective développe un thème « film noir » séducteur dont la mélodie annonce curieusement le travail de Pino Donaggio pour les thrillers de Brian de Palma (et, plus logiquement, celui de Michael Small pour Alan J. Pakula), tandis que Von Ryan’s Express, même s’il use parfois d’accords tellement distanciés qu’ils tournent au burlesque cartoon (avec une marche militaire tout ce qu’il y a de plus ironique), fait souvent appel à de formidables rythmes martiaux qui font toute la valeur de la partition, qu’on pourrait à ce titre situer quelque part entre Twilight’s Last Gleaming et First Blood. Ne reste plus qu’à espérer que le label enchaîne avec un couplage Damnation Alley/The Chairman !

http://store.intrada.com/s.nl/it.A/id.7975/.f

CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

L’essentiel de Jean-Claude Petit (Universal)

Dans REVIEWS le mai 12, 2013 à 7:48

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Il était grand temps qu’une compilation rende de nouveau hommage à Jean-Claude Petit, qui se fait rare mais qui n’en reste pas moins l’un de nos meilleurs compositeurs. L’album commence bien entendu avec Jean de Florette, très bel arrangement « provençal » de La Force du destin de Verdi, avant de déployer le flamboyant lyrisme de Cyrano de Bergerac. Le reste propose des choses moins connues mais souvent remarquables. L’espièglerie raffinée de Beaumarchais l’insolent fait des merveilles, suivi par un Mayrig où un envoûtant doudouk se fraie un chemin au milieu d’envolées romanesques adaptant un air traditionnel juif. Nettement plus récent puisque le film vient tout juste de sortir, Hôtel Normandy donne dans une légèreté solaire qui rappelle les scores romantiques de James Newton Howard dans les années 90. Il est vrai que Petit sait parfaitement s’adapter à la comédie, comme le prouvent également Le Zèbre (chanté par Alain Souchon), Désiré, Sexes très opposés, Messieurs les enfants et Le Prof : tout en restant légère, la musique fait toujours preuve d’une grande élégance et ce sans être trop académique grâce à la richesse de ses lignes mélodiques. Reste que c’est dans le symphonique à grande échelle que le compositeur impressionne le plus, témoins le splendide thème du Château des oliviers (qui n’a pas à rougir de la comparaison avec The Thorn Birds de Mancini), l’automnal Hussard sur le toit, le frémissant Danse avec lui, les accords dramatiques des Misérables, le magnifique Lumumba (quoique très influencé par Amistad de John Williams), les délicieux accords swashbuckler du fringant Retour des mousquetaires, l’envoûtant Tristesse et beauté et son saxophone tout droit sorti du fameux concerto de Michael Kamen, le romantisme celtique de The Playboys, la volupté pastorale impressionniste de Lady Chatterley ou les envolées mélancoliques du Passager de l’été. Bien sûr, un double album n’aurait pas été de refus (on regrette l’absence de L’Île, Deux, Seaforth, Chasseurs d’écume ou Les Vivants et les morts), mais ce qu’on nous offre ici est déjà remarquable et ce que promet la pochette, soit l’ « essentiel », est bel et bien là. Cela dit, on souhaite ardemment que Stéphane Lerouge et sa collection Ecoutez le cinéma rallongent la sauce dans un futur proche.
(Merci à Eléonore Chey)

CD DISPONIBLE CHEZ CINEMUSIQUE, 60 RUE ALEXANDRE DUMAS, 75011 PARIS, 01 42 60 30 30

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